Que vous soyez un praticien des cartes déjà établi ou sur le point de vous lancer avec un statut professionnel, que vous rendiez simplement service sur votre temps personnel ou cherchiez uniquement à exercer vos compétences à travers autrui afin d’accroître vos connaissances des lames, que votre public soit constitué de proches ou de parfaits inconnus, que vous vous fassiez rémunérer ou pas, vous avez des devoirs moraux et/ou contractuels envers vos consultants. Pour être à même de les remplir, il suffit de savoir se mettre à la place de ceux-ci et de garder en tête ces deux principes : « Ne faîtes pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’ils vous fassent » et « Il ne s’agit à aucun moment de vous ». Voyons plus en détail les problématiques qui se cachent derrière ce duo de recommandations.

« Ne faîtes pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’ils vous fassent »

La confidentialité :

Lorsque l’on fait appel à vos services, on attend en général de votre part un minimum de discrétion concernant les éléments qui vous seront confiés. Si tout le monde semble a priori d’accord avec ce principe, il est pourtant très facile de le fouler du pied, le plus souvent sans même en avoir conscience.

Ces moments où vous risquez de ne pas tenir parole, sans le faire exprès :

– Quand vous faîtes un appel à retours/témoignages/avis de façon publique.
– Lorsque vous désirez partager une étude de cas (sur votre blog, dans votre livre, lors d’une de vos conférences).
– A l’heure de raconter votre journée à vos proches.

Ce que vous pouvez faire pour respecter cette attente de la part de votre client, aussi tacite puisse t-elle être :

– Ne jamais évoquer ou vous adresser directement à vos clients de façon nominative sur un espace public. Attention également aux pseudonymes, surtout si ces derniers sont couramment utilisés par vos clients sur les réseaux sociaux. Même si vous ne communiquez pas l’identité officielle de la personne qui a fait appel à vous, celle-ci reste identifiable par ceux qui la connaissent sous son nom d’adoption.
– Proposer à vos clients de témoigner sous couvert d’anonymat. Vous pouvez de la même manière les informer de la possibilité de remplir votre livre d’or sous un nom fictif ou un pseudo uniquement destiné à cet usage, ou encore en ne signant que de leurs initiales. L’âge, la profession et le lieu de résidence sont superflus et je ne recommande pas de les mentionner. Faîtes en sorte que vos références ne deviennent pas une espèce de carnet d’adresses exposé à la vue de tous.
– Demander l’autorisation préalable avant de parler d’un cas particulier. L’idéal serait de recueillir une autorisation écrite pré-remplie (à fournir, par exemple, en même temps que votre charte éthique et vos conditions de prestation). Assurez-vous d’expliquer votre démarche et de prendre en considération les limites d’exploitation souhaitées par le consultant vis à vis de ses données.
– Modifier toute donnée à caractère distinctif dans les études de cas. Parfois, les situations et les évènements que rencontrent vos clients sont si singulières que modifier l’identité et les informations spatio-temporelles ne suffira pas à garantir le respect de leur vie privée. N’hésitez pas alors à changer aussi quelques éléments de l’histoire.
– Mixer les cas entre-eux et même en inventer de toute pièce. Lorsque vous rédigez une étude de cas dans un but didactique, sa cohérence compte davantage que son authenticité. Si votre interprétation colle avec les lames tirées et répond à la question posée, peu importe que celles-ci soient issues de votre imagination.
– Eviter de parler de vos consultations, même avec votre famille ou vos amis proches.

Le non-jugement :

Se mettre à la place de quelqu’un, ce n’est pas prendre sa place ni quitter la sienne. C’est avoir la capacité d’observer les choses du point de vue de cette personne. Il ne s’agit pas d’adhérer à cette vision mais d’être capable de l’accueillir avec ouverture d’esprit, de la comprendre et d’en tenir compte au moment où vous vous apprêtez à échanger avec votre client.

Vous êtes sur le point de basculer dans le jugement lorsque :

– Vous affirmez et imposez davantage que vous ne supposez les causes et suggérez les solutions.
– Vous ressentez que vous aimez ou que vous n’aimez pas quelque chose concernant la personnalité de votre consultant, son histoire ou son mode de vie.
– Vous espérez secrètement qu’il change d’attitude.
– Vous voudriez le voir choisir telle option plutôt qu’une autre.

Ce que vous pouvez faire pour y remédier :

– Partez toujours du principe que vous ne savez que ce que l’on veut bien vous dire.
– Rappelez-vous toutes ces fois où vous vous êtes senti jugé vous-même et que l’on s’est mépris sur vos véritables intentions.
– Souvenez-vous que chacun et chaque vision a sa place ici-bas.

Le rapport d’égal à égal :

Face à une personne en attente de guidance et/ou en détresse, il est facile de glisser dans le sentiment de supériorité.

Vous n’êtes pas dans un rapport d’égal à égal si :

– Vous pensez savoir mieux que votre client l’état dans lequel il se trouve, quelle est l’origine de ses maux et ce qui est bon pour lui.
– Vous évoquez vos « dons » et autres capacités exceptionnelles en vous présentant comme un « élu ».
– Vous promettez et garantissez des résultats, alors que vous n’avez qu’une obligation de moyens.
– Vous parlez de « Vérité » alors qu’il ne s’agira jamais que d’honnêteté par rapport à votre ressenti (c’est bien loin d’être la même chose) et d’une interprétation parmi d’autres possibles pour un même tirage.

Ce dont vous devriez vous rappeler :

– Les cartes ont leur propre langage auquel s’ajoute celui du praticien. Une interprétation peut donc se voir comme une double traduction. A ce titre, elle peut être approximative, erronée et même vous échapper totalement.
– Vous n’êtes pas omniscient. L’écoute, et non la présomption, sera votre meilleur guide.
– Vous n’êtes pas infaillible. Souvenez-vous de toutes ces fois où vous avez été dans l’erreur et avez échoué à obtenir le résultat escompté.

Annoncer les mauvaises nouvelles :

Gérer les messages délicats et les prédictions désagréables fait partie intégrante de votre travail.

Votre ton n’est pas adapté et vous virez vers le fatalisme lorsque :

– Vous vous exprimez de façon catégorique, alarmiste et/ou résignée.
– Vous ne relevez que les aspects négatifs de la situation et vous attardez sur ceux-ci.
– Vous ne proposez aucune solution ou piste de réflexion à votre client.

Pour contrer cette tendance, vous pourriez :

– Vous remémorer et rappeler à votre client que toutes les arcanes sont en réalité neutres et que la façon dont ils seront perçus ne dépend finalement que de la capacité du consultant à les accueillir dans sa vie au moment du tirage.
– Prendre l’habitude de livrer chaque problème soulevé avec un choix de solutions. Si le type de tirage sélectionné ne permet pas de conseiller, offrez gracieusement à votre client de tirer au moins une carte supplémentaire pour le guider. Ainsi, il ne se sentira ni abandonné, ni désemparé.
– Refuser de répondre à certaines questions, par exemple celles liées à la santé.
– Eviter de donner suite aux clients qui ne sont visiblement pas prêts à entendre autre chose que la confirmation de leurs désirs.

*****

« Il ne s’agit à aucun moment de vous »

Des bons conseils :

L’enfer est pavé de bonnes intentions, n’est-ce pas ?

Vous vous trompez de méthode :

– Si vous êtes tenté de commencer vos phrases par « à votre place ».
– Dès lors que votre client ressort de la consultation sans avoir le choix des armes pour réécrire son avenir, car vous n’avez pas respecté ou suffisamment stimulé son libre-arbitre.

Quelques recommandations :

– Ne donner votre avis personnel que si on vous le demande. Et encore. Il me semble préférable de s’abstenir. Seul le message des cartes devrait importer, en fait, pour garantir un maximum d’objectivité.
– Rappelez-vous que ce qui vous convient à vous ne conviendra pas forcément à tout le monde.

De la projection :

Lorsque le terrain semble familier, le faux-pas guette.

Vous vous trompez de sujet :

– Lorsque vous comparez le contexte dans lequel évolue votre client avec une situation que vous avez déjà vécue ou êtes en train de vivre.
– Quand vous vous surprenez à proposer des solutions qui ont été ou auraient dû être les vôtres par le passé.
– Chaque fois que vous avez, à travers vos suggestions pour les questions relationnelles, l’impression de régler de vieux comptes.

Il serait judicieux :

– D’effectuer un travail sur vous-même avant de songer à proposer vos services.
– D’apprendre quelques techniques pour vous recentrer sur l’instant présent et votre consultant en cas de défaillance de votre concentration.
– De réorienter le consultant vers l’un de vos confrères lorsqu’un cas réveille des choses trop douloureuses pour vous.

De l’empathie et de la compassion :

Dès lors que l’on est amené à échanger avec autrui, un minimum d’empathie et de compassion sont nécessaires à une bonne compréhension. Si de ces deux points dépend la qualité de votre prestation, trop de l’un et de l’autre est tout autant nuisible. L’idée n’est pas de se transformer en éponge mais de faire preuve de tact et de délicatesse en toutes circonstances.

Vous manquez de ces qualités :

– Si votre visage, votre discours, votre ton, votre écriture ne laissent transparaître aucune émotion et révèlent au contraire une certaine froideur.
– Dès lors que vous pensez en avoir fini avec votre client après avoir dit votre dernier mot et sonné la fin de la consultation.

Quelques bonnes idées :

– Gardez le sourire, regardez votre interlocuteur quand vous vous adressez à lui, parlez lentement et calmement sans montrer de signes d’impatience ou d’agacement. Pour les compte-rendus écrits, relisez-vous à haute voix avant de les envoyer. Corrigez le ton et clarifiez le propos si nécessaire.
– N’oubliez pas que ce qui vous laisse de marbre peut remuer sévèrement une autre personne.
– Offrez la possibilité à votre client de vous poser des questions ultérieurement, au besoin. Accordez-lui le temps de digérer les informations qu’il aura reçues et l’opportunité d’éclaircir par la suite ce qui restera confus.
– Une petite tasse de thé ou café chaud, une boîte de mouchoirs à portée de main, ça peut faire toute la différence.

J’espère vous avoir convaincus de l’importance de réfléchir en amont à ces problématiques. C’est votre réputation de praticien et le bien-être de vos clients qui sont en jeu.

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