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Aujourd’hui, j’ai envie d’aborder une thématique sensible, objet de bien des débats : L’éthique du cartomancien. Si je suis d’avis qu’il est absolument indispensable d’en avoir une et de s’y tenir, hors nécessaires réévaluation et réajustement qu’imposent l’expérience via les erreurs commises et toute évolution personnelle qui autorise toute personne à épouser de nouvelles valeurs, je ne prétends aucunement détenir quelque vérité au sujet d’un comportement plus juste qu’un autre que ce soit. C’est pourquoi au lieu de parler de mon éthique personnelle, je propose que l’on s’attarde sur les questions qui aideront tout praticien à se forger ses propres règles.

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Sur quoi peut s’appuyer l’éthique d’un individu ?

– Les valeurs personnelles que l’on défend;
– Les principes selon lesquels on vit au quotidien;
– Les tabous de la sphère privée ou publique que l’on s’interdit de braver;
– Les us et coutumes culturels du territoire sur lequel on vit et / ou exerce;
– La morale et les moeurs adoptées par la société / la communauté au sein de laquelle on évolue;
– La loi, droits et devoirs, que l’on est censé respecter en tant que citoyen.

L’éthique idéale, c’est celle qui permet :

– D’être en accord avec soi-même : Vous vous respectez;
– De vivre en paix avec le monde extérieur : Vous respectez les autres;
– De se sentir digne : Vous pouvez vous regarder dans la glace chaque matin;
– D’aider autrui de manière efficace : Vous êtes utile en restant à votre juste place;
– D’éviter les ennuis : Vous évitez les situations à risque qui vous mettront dans le pétrin.

Les cas où l’éthique du cartomancien entre en jeu et pourquoi :

– Lorsque le consultant est mineur : Parce-que vous êtes normalement tenu au secret professionnel mais que l’enfant reste légalement sous la responsabilité de ses parents ou tuteurs;
– Les questions qui requièrent l’avis d’un expert en la matière : Parce-que vous devez être capable de reconnaître vos limites. Ce n’est pas un aveu de faiblesse mais un signe d’intelligence qui évitera à votre consultant de se sentir en face d’un charlatan;
– Les questions qui impliquent une tierce-personne : Parce-qu’elle n’a rien demandé ou qu’elle n’aimerait pas se savoir épiée par le biais des cartes.
– Toute question qui révèle des intentions douteuses : Parce-qu’elle vous rend témoin, voire complice si vous vous engagez à y répondre.
– Toute demande de prédiction : Parce-qu’aussi compétent et à l’aise que vous pouvez être avec cette approche, personne n’est infaillible et les conséquences en cas d’erreur de votre part peuvent être désastreuses. Il s’agit d’une énorme responsabilité qu’il faut être prêt à assumer.

Avant de se décider à répondre à une demande :

– Est-ce que le consultant est ouvert et pleinement engagé à s’investir personnellement dans la résolution de son problème ?
– Est-ce que la demande du consultant vous gêne, quelle que soit la raison ?
– Est-ce vous risquez de vous retrouver dans une situation embarrassante si vous répondez à la demande du consultant ?
– Avez-vous les compétences requises pour répondre au mieux à la question du consultant ?
– Est-ce que la réponse à la question du consultant peut-être apportée avec davantage de certitude par une action plus simple et plus appropriée ?

Quelques solutions en cas d’éthique menacée :

– Reformuler la question;
– Proposer une lecture sur un thème différent, voire un tirage général;
– Réorienter le consultant vers la personne ou l’autorité compétente (en complément d’un tirage ou en lieu et place);
– Refuser définitivement la demande si aucun terrain d’entente n’est possible.

Le mot de la fin :

Le plus important est de savoir rester à l’écoute du consultant. Quoi que vous décidiez après-coup, communiquez votre décision en douceur et avec le respect dû. Ainsi, même si vous avez choisi d’exprimer votre incompétence ou votre refus pour incompatibilité avec votre éthique personnelle, le consultant vous sera reconnaissant de votre considération et pour l’avoir traité dignement, tout en compassion. De mon point de vue, ce n’est pas le nombre de personnes aidées qui importe, mais la qualité de l’aide que vous offrez, que la cartomancie soit une simple passion ou votre métier.

Jeu : Tarot de Jean Noblet – restauré par J. C. Flornoy

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