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Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous ma dernière expérience. Après m’être remise en question plusieurs fois, après m’être accrochée et alors que je n’étais plus si loin du but ultime, j’ai mis fin à mon « apprentissage » du Tarot chez l’association britannique TABI. J’ai décidé d’accepter l’évidence : Ce cours ne me convenait plus tel qu’il était dispensé (rythme, accompagnement et ambiance). J’avais de moins en moins de motivation et de plaisir à le suivre. Pire encore, j’appréhendais l’arrivée de chaque nouvelle leçon et les corrections des exercices à compléter. J’ai investi beaucoup de temps et d’efforts en espérant que cela porte ses fruits d’une façon ou d’une autre. Je suis malgré tout forcée de constater que je suis ressortie de tout cela épuisée et déçue : Je n’ai pas trouvé là-bas ce que j’étais venue y chercher et la désillusion a été assez pénible à vivre. J’ai eu, dans un premier temps, l’impression d’avoir échoué, en partie parce-que je suis très consciente du fait que j’ai du mal à terminer les choses, indéniablement. Avec le recul, je comprends aujourd’hui que j’ai surtout beaucoup de mal à me forcer et à persévérer dans quelque chose qui ne me correspond pas ou plus, subtile nuance. Il faut savoir reconnaître et respecter ses propres limites et besoins réels.

Quelques infos sur le cours et son fonctionnement :

Ce cours, forcément en anglais, est basé sur celui de Joan Bunning, « Learning The Tarot », accessible gratuitement en ligne et disponible en format livre. Cette étude des arcanes est dispensée de façon collective aux membres de TABI qui en font la demande, après une présence de plus de deux mois au sein de l’association. Les plus anciens sont favorisés en cas de forte demande car le nombre de places est limité chaque année. Cette année, tout le monde a été accepté et a été réparti en deux groupes. Chacun de ces groupes était animé par deux membres volontaires.

Chaque semaine, une leçon est postée dans une section privée (réservée uniquement aux membres de votre groupe) avec une série d’exercices à compléter (entre 2 et 4 exercices, parfois cela a été jusqu’à 6). On poste ses travaux en réponse au post de la leçon concernée. Ceux-ci seront édités, plus tard, avec les commentaires et suggestions d’un des formateurs. Les corrections seront apportées par l’un ou l’autre formateur, il n’y a pas d’accompagnant attitré.

Ce qui a contribué à rendre cette expérience désagréable, pour moi et selon moi :

* J’avais beaucoup d’attentes, ce qui augmentait d’emblée le risque d’être déçue. Moins on en a et mieux c’est.

* J’étais nouvelle, en terre inconnue, sans contact déjà établi pour me servir de guide ou soutien.

* J’ai sous-estimé la barrière de la langue. Comprendre l’anglais, le lire régulièrement et avoir un bon niveau en expression écrite, même bien au-dessus de la moyenne, n’est pas suffisant.

* Le rythme est finalement très soutenu. Il faut compter entre 2 et 4 heures de travail par semaine…quand on parle anglais de naissance ! Avec la traduction, puisque je ne suis pas parfaitement bilingue et que les mots ne me venaient pas si facilement, c’était plutôt 8 heures d’efforts par semaine pour la petite française que je suis. Ca m’a usée, bien que je n’ai pas d’emploi actuellement !

* La formatrice que j’appréciais le plus a dû renoncer à son engagement pour des raisons privées et le courant n’est jamais passé avec l’autre. Nous n’avions ni la même approche du Tarot, ni la même éthique. J’ai éprouvé beaucoup de mal à faire entendre et accepter mon opinion quand celle-ci divergeait de la sienne, même avec de bons arguments. J’ai souvent eu l’impression que seule sa vision des choses était valide à ses yeux. J’ai ressenti cela comme un manque d’ouverture et de respect de mes propres valeurs.

* L’utilisation du Tarot à des fins prédictives était encouragée par cette formatrice alors que TABI se positionne apparemment très peu en faveur de l’approche purement divinatoire, ceci afin d’éviter tout fatalisme et toute déresponsabilisation du consultant vis  à vis du cours de son existence. Cette constatation m’a tout simplement fait l’effet d’une vitrine…qui ne reflète pas tout à fait ce qui se trame en arrière-boutique.

* L’expérience que j’ai des lames en dehors de TABI n’a jamais été prise en compte. C’est assez blessant d’être considérée comme une débutante après tant d’années d’étude des arcanes en solitaire. Soyons clairs, l’égo en prend un sacré coup et c’est un choc auquel il faut se préparer. Si j’avais tort ou faux selon ma formatrice, enfin lorsque je voyais les choses autrement en vérité, c’était systématiquement imputé à un supposé manque d’expérience !

* Certains exercices demandent de se mettre un peu à nu ou de faire preuve d’auto-critique. Si vous êtes pudique, ça peut être un problème.

* J’ai souvent eu l’impression d’être lue en diagonale car on m’a parfois reproché d’avoir omis des choses que j’avais pourtant exprimées.

* Je m’attendais à davantage d’échanges entre étudiants mais il n’en a rien été. Chacun venait pour poster son travail sans se soucier de celui des autres, moi la première d’ailleurs. Je n’en n’avais ni le temps, ni la force.

* Je pensais pouvoir nouer des liens grâce à ce cours, mais là non plus, cela n’a rien donné de très satisfaisant.

En conclusion :

Cette expérience n’a vraiment pas été concluante. Juste avant mon départ, j’ai appris que cela se passait mieux dans l’autre groupe. Certaines personnes du mien ont tout simplement cessé de participer de façon visible, complétant les leçons sans oser continuer de poster leurs compte-rendus, par peur des commentaires (le ton était parfois franchement limite). Malgré le fait que j’ai adressé un message privé pour avertir de mon départ, personne n’a pris la peine de me répondre, ne serait-ce que pour me souhaiter bonne route… Quoi qu’il en soit, je me sens désormais mieux, délestée d’un poids, mais presque « allergique » depuis au tirage quotidien et au système RWS, je dois bien l’avouer. Je ne peux plus voir mon jeu de 1971 en peinture, ce qui est un peu dommage quand on sait que c’est la pièce maîtresse de ma collection. J’ai frôlé le dégoût, tout simplement, à force d’insister et de m’imposer un stress et une pression inutiles. D’ailleurs, je suis restée plusieurs mois sans m’acheter aucun jeu, ça en dit long sur l’état d’esprit dans lequel j’étais, je crois. J’ai négligé le blog et cela a été une source de frustration supplémentaire. J’ai réalisé à quel point j’avais besoin de suivre mon propre rythme, irrégulier, et combien je tiens à ma liberté dans ma façon d’apprendre, d’approcher et de faire les choses. Cela s’applique au Tarot mais aussi à ma spiritualité en général. Je suis une hyène solitaire, définitivement.

Pour finir, je tiens à rappeler qu’il s’agit là d’un ressenti personnel sur la façon dont j’ai vécu le déroulement de ce cours. Aussi, veuillez garder à l’esprit que ma propre expérience ne ressemblera pas forcément à la votre si vous décidez un jour de le suivre. J’ai ma façon de voir les choses et ma manière de réagir face à une situation donnée, et il en va de même pour vous. Certaines choses m’ont dérangée par rapport à ce qui constitue mon identité profonde. Mes attentes non comblées ne seront pas obligatoirement les vôtres et vous aurez peut-être davantage de chance que je n’en ai eu. En effet, et sans renier ma part de responsabilité dans cette désillusion (j’ai un sacré caractère et beaucoup d’exigences, il n’est donc pas impossible que mes attentes aient été irréalistes), je pense aussi que je suis quelque peu « mal tombée ». Le feeling n’est pas passé avec une des accompagnatrices et je n’ai pas eu d’autre alternative que de faire avec. Pour autant, cela ne change en rien le fait que TABI est une association sérieuse et digne de confiance au sein de laquelle il est possible d’apprendre le Tarot efficacement et avec joie. Cela n’a juste pas fonctionné avec moi et ce n’est pas si grave.

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