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Que vous vous intéressiez au tarot et aux oracles divinatoires ou non, vous pouvez être amené un jour à vendre un jeu de cartes. Il n’est pas rare de voir un tarophile désirant démanteler sa collection (par lassitude ou besoin urgent d’argent), ou un néophyte bien décidé à refourguer au premier venu un héritage qui n’aura su éveiller sa curiosité, se lancer dans la rédaction d’une petite annonce qu’il postera en ligne. Votre potentiel acheteur sera soit un passionné averti, soit un pratiquant débutant, ou encore un non initié souhaitant uniquement trouver le cadeau idéal pour un proche. Quelle que soit la situation, les jeux de tarots et les oracles sont des objets particuliers pouvant acquérir au fil du temps de la valeur et être plus ou moins recherchés et/ou rares. Objets davantage de collection que de consommation, ils méritent un traitement tout particulier. Si un oignon est un oignon, deux tarots – même semblables d’apparence en tous points – ne se valent pas forcément. Voici quelques conseils pour rédiger une annonce efficace, honnête et équitable pour les deux parties.

Conseils sur la forme :

Informations à mentionner dans le texte de l’annonce :

– Nom du jeu,
– Auteur, illustrateur et éditeur,
– Langue,
– ISBN,
– Année de publication (à ne pas confondre avec le copyright),
– Imprimeur et pays d’impression,
– Format des cartes en cm,
– Aspect des cartes (fini mat ou brillant),
– Nombre de cartes,
– Défauts éventuels,
– Prix demandé ; options, frais et délais de livraison,
– Possibilité ou non de retourner l’objet et conditions.

Exemple d’une photo d’annonce non optimisée :

RUAVE11/ Image floue, couleurs trop saturées et sur-contrastées, texte illisible,
2/ Boîte sous un angle qui n’offre aucune information visible sur l’édition proposée,
3/ Livret ouvert à une page sans intérêt,
4 et 5 / Maladroite ou suspecte présentation des cartes, de type éventail de dos (4) ou éventail de demi-faces (5), ne permettant pas d’observer la présence de copyright sur les cartes, ni de juger de l’état de ces dernières.

Ne jamais utiliser une photo impersonnelle pour illustrer votre annonce !

Exemple d’une photo d’annonce idéale :

RUAVE21/ Image personnelle, nette et respectueuse des couleurs d’origine, texte lisible,
2/ Boîte présentée avec le bord du dessous visible,
3/ ISBN lisible (si disponible),
4/ Code-barre visible (si disponible),
5/ Année du copyright suivie éventuellement de l’année de publication de la présente édition lisibles,
6/ Pays d’impression lisible,
7/ Carte de présentation du jeu avec précisions sur le jeu, l’auteur et l’éditeur (si disponible),
8/ Livret présenté par sa première page (si disponible),
9/ Dos de carte (il peut varier d’une édition à l’autre),
10, 11 et 12 / 3 cartes visibles intégralement (une lame majeure (10), une mineure (11) et une lame de Cour (12).

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Conseils sur le fond :

Etre efficace : Ne vous précipitez donc pas et prenez le temps de rechercher et fournir tous les détails nécessaires à la vente. Si votre jeu est complet avec cartes, boîte et livret, vous disposez de toutes les informations requises : Il n’y a plus qu’à savoir les repérer en un clin d’oeil, les reporter dans le texte de l’annonce et les montrer via la photo qui l’accompagnera (une seule photo bien prise vaut 10 clichés mal pensés en terme de composition). Attention : La date de copyright et la date de publication sont deux choses bien distinctes : Si la boîte ou le livret mentionnent deux dates, indiquez toujours la plus récente (votre exemplaire aura été imprimé à cette date). Ainsi, vous ne vous répèterez pas sans cesse au travers de réponses à d’innombrables demandes de précisions qui afflueront dans votre boîte mail jusqu’à  saturation. Si votre jeu est incomplet, vous ne le vendrez probablement jamais tel quel, sauf pièce historique, mais j’ai une astuce : Proposez les cartes à l’unité, pour remplacer une carte perdue ou abîmée !

Etre honnête : C’est la meilleure attitude pour satisfaire l’acheteur et vous éviter les ennuis. Ne mentez pas sur les caractéristiques de l’objet dans l’espoir de gagner plus. Si le jeu comporte des défauts, mentionnez-les le plus précisément possible et prenez des photos supplémentaires afin que l’acheteur puisse se décider en connaissance de cause. En étant sincère dès le départ, vous gagnerez là aussi du temps et surtout, vous vous épargnerez un stress inutile induit par la gestion fastidieuse d’un éventuel litige. Il y aura moins de risques que l’acheteur soit déçu de son achat, pensant avoir acquis une version a mais ayant reçu une version b d’un jeu, et entame une procédure de retour avec demande de remboursement. Un acheteur mécontent, c’est une mauvaise notation assurée, votre réputation de vendeur qui en pâtit, et, par voie de conséquence, des ventes futures moindres. Les tarophiles collectionneurs sont des personnes très exigeantes et aguerries, aucun détail ne leur échappe.

Etre équitable : Demandez un prix qui soit juste pour vous comme pour l’acheteur. Si le jeu que vous vendez est récent, n’a jamais servi et est encore édité, vous ne pouvez pas en réclamer plus que le prix de vente constaté à l’état neuf. Ce serait malhonnête. Si le jeu a été utilisé, de seconde main donc, le prix doit être inférieur au prix de vente de l’objet à l’état neuf. Plus le jeu sera abîmé, plus celui-ci baissera. Les seuls jeux pour lesquels vous pouvez espérer davantage que le prix d’origine sont les jeux qui ne sont plus édités, rares ou pour lesquels vous proposez une édition « vintage ». Un jeu épuisé peut être proposé au double de sa valeur d’origine sans que cela ne paraisse insolent, mais au-delà, cela tient presque du pari risqué, fou, voire de la mauvaise blague… Un acheteur sera toujours heureux d’effectuer une bonne affaire, mais ne proposez pas non plus un prix trop faible, car il pourrait en conclure que cela cache quelque chose, un vice ou une édition sans valeur. Exiger plus que de raison, c’est prendre le risque de ne jamais vendre votre exemplaire car il y aura presque toujours moins cher ailleurs. Un tarophile collectionneur ne roule pas forcément sur l’or et préfèrera, la plupart du temps, acheter plusieurs jeux qu’un seul pour une même somme donnée.

Savoir faire la différence :

– Un jeu rare est un jeu qui présente des caractéristiques peu communes, d’accès difficile et/ou disponible en petite quantité. Par exemple, un jeu innovateur en termes de concept ou de médias employés, un exemplaire signé de son auteur, un jeu édité en un nombre limité d’exemplaires qui s’épuisera rapidement (moins de 1000, environ), un jeu numéroté, un jeu ayant appartenu à une célébrité, ou encore un jeu méconnu du grand public (mal diffusé).

– Un jeu recherché n’est pas forcément rare et un jeu rare n’est pas forcément recherché. Ici, il faut se renseigner pour savoir où en est la demande à son égard. Est-ce un jeu dans l’air du temps ? Qui a du succès ? Dont on parle beaucoup ? S’il est à la mode mais facilement trouvable, il vaudra moins que s’il ne l’est pas.

– Un jeu vintage, c’est un jeu qui se situe entre l’objet contemporain que l’on achète en grande distribution et l’antiquité que l’on croisera uniquement chez l’antiquaire ou dans un musée. C’est le jeu typique que l’on ne peut trouver que d’occasion, sur une brocante, par exemple. Derrière cette expression, il y a à la fois l’idée d’ancien (objet culte d’une époque), de nostalgie (le côté affectif) et d’authenticité (quelque chose d’original). Un jeu peut donc être considéré comme vintage s’il a marqué son temps en tant que best-seller, si l’édition proposée appartient à un passé révolu, à une génération antérieure, telle la toute première édition d’un jeu qui présentera inévitablement une qualité et des caractéristiques typiques de son époque, gommées par les versions plus récentes (un Rider-Waite-Smith de 1971, c’est autre chose qu’un RWS de 2015, et ce affectivement ET visuellement parlant). Sont donc exclus d’office de cette catégorie les jeux revus et corrigés ainsi que les rééditions et réimpressions tardives. Il est très difficile de se prononcer sur ce qui est « vintage » ou pas, mais à l’heure d’aujourd’hui et en matière de tarologie, je dirais – en ce qui me concerne- que les jeux et éditions concernés ont en général plus de 30 ans d’âge et se situent au minimum entre les années 70 et le début des années 80, tout en pouvant bien sûr être antérieurs à cette fourchette temporaire. En tout cas, ce qui est certain, c’est que l’on tombe dans l’antiquité avec un jeu datant de plus d’un siècle.

En cas de doute, abstenez-vous purement et simplement de désigner votre exemplaire par l’un de ces termes. L’acheteur se fera son propre avis. D’ailleurs, il l’a souvent déjà au préalable.

L’annonce idéale, c’est celle qui ne vous donnera pas de fil à retordre ultérieurement et qui ne laissera aucun doute à l’acheteur quant à l’objet qu’il s’apprête à acquérir.

Je vous souhaite d’excellentes ventes !

Jeu : Morgan-Greer Tarot – Bill Greer et Lloyd Morgan.

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