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Pour le profane, les arcanes du tarot sont un tel mystère qu’il est persuadé, souvent, qu’il faut absolument avoir un don pour être capable de lire les cartes et de percer leurs secrets. Quelques charlatans peu scrupuleux en profiteront pour acquiescer et encourager de telles croyances, très juteuses en ce qui les concerne, puisqu’ils n’hésitent pas à se présenter comme des élus, seuls êtres capables de « voir » dans ces petits bouts de carton illustrés. Démantèlement d’une idée reçue…

Que signifie avoir un don ?

Prétendre avoir un don, c’est déjà, quelque part, affirmer que l’on est différent d’autrui. On se pose ainsi en tant qu’individu spécial à qui quelque chose d’inédit et de sacré aurait été offert dès la naissance. On se voit confier ainsi une sorte de mission que l’on serait seul capable d’accomplir. Ce qui suppose d’avoir été choisi et préféré, mais en vertu de quoi, puisque c’est justement le fameux don qui, a posteriori, confère à celui qui s’en voit doté, ce caractère à part, hors du commun ? Qui peut mériter un tel traitement de faveur de la part du divin ? Quel genre de personne peut oser se vanter, sans aucune gêne, d’être l’enfant préféré de ses parents ? Je m’interroge.

OWSelon Oswald Wirth, « Deviner, c’est imaginer juste ».

Qu’est-ce que la taromancie ?

La taromancie, c’est la divination par les lames du tarot. On lit les cartes, ou encore, on voit en elles. Ce qui implique donc que, soit le langage des cartes -symbolique- peut s’apprendre, soit une lecture plus intuitive – procédant de la projection- est possible. En fait, les deux approches sont effectives et se complètent à merveille. Elles ne nécessitent aucun don en particulier mais un travail assidu basé plus spécifiquement sur la recherche et la documentation dans le premier cas, et l’exercice de son imagination dans le second. Une pratique régulière permettra, dans chaque cas, d’acquérir l’expérience nécessaire à une exploitation pertinente des données et au développement de ses capacités analytiques. Ainsi, chacun possède, potentiellement, les qualités requises à la pratique de la taromancie, pour peu qu’il s’en serve et qu’elles soient encouragées.  Avoir un flash pendant une lecture est une chose, lire les cartes en est une autre. Aussi, bien que quelques praticiens peuvent expérimenter ce phénomène de flash, celui-ci n’est ni systématique ni indispensable à une bonne lecture du tarot. On peut-être tarologue sans être médium. Ne vous laissez pas abuser par cette confusion courante.

Lorsque l’on ne se sent pas suffisamment expérimenté dans le domaine par manque de connaissances théoriques ou de pratique, il est tout à fait souhaitable d’avoir recours à un tarologue. Mais voici ce que j’affirme haut et fort : Chacun peut lire les cartes, pour les autres comme -et surtout- pour lui-même. Un jeu de tarot est un outil (qui ne doit pas être divinisé) qui parle le langage de celui qui le consulte, au travers d’une symbolique universelle que l’on pourra s’approprier. On y voit ce que l’on veut bien y voir, il est vrai, d’après sa propre symbolique personnelle et ses projections, et c’est justement cela qui importe, puisque c’est ce qui est en dedans, caché, invisible, qui sera révélé à la conscience du consultant. Lire les cartes, c’est donc avant tout voir son propre reflet sous une autre lumière, c’est lire en soi. C’est aussi recevoir des messages pour autrui dans une langue que l’on comprend. Qui d’autre que vous vous connaît le mieux ? Finalement, ce fameux don, tout le monde le porte en soi…

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