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Tout et parfois (souvent) n’importe quoi se dit sur le tarot. La plupart de ces idées reçues tournent principalement autour du rapport qui devrait être entretenu avec les lames. La plupart du temps, elles ne sont que le reflet de craintes superstitieuses infondées, de déductions empiriques hasardeuses tendant à être généralisées et / ou de préférences strictement personnelles. Sous couvert de pratiques traditionnelles, des dogmes sortis d’on ne sait où sont ainsi perpétuellement transmis et adoptés sans que quiconque ne prenne la peine de les argumenter. C’est alors que, dans bon nombre d’ouvrages sur le tarot, fleurissent règles et procédures érigées en vérités absolues et principes inviolables, sous peine (au mieux) de ne parvenir à rien ou (au pire) de commettre un terrible sacrilège qui verra son auteur hérétique châtié en étant trompé par ses propres cartes. Voilà bien prévenu celui qui oserait faire l’original en se laissant guider par son intuition pour créer sa propre sauce. Puisque le ridicule ne tue pas, place à la démystification…

* « On ne doit pas acheter un jeu de tarot, il doit être offert »: Punaise, si j’avais attendu qu’on m’en offre un avant de commencer à lire les cartes, j’attendrais encore et je ne serais pas en train de taper cet article. Peut-être que c’est pour marquer une forme de passation de pouvoir ? On attend trop des autres alors qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Faîtes vous plaisir, vous en avez le pouvoir !

* « Il faut dormir avec son jeu pour l’imprégner de ses énergies » : Vu ma collection, je devrais songer à faire ça en une seule fois, histoire de faire court. Enfin, si je parviens à virer l’Amoureux et les chats du lit pour une lunaison entière (163 jeux, ça prend de la place, vous comprenez), ce dont je doute un brin. J’en connais qui ont essayé et qui ont survécu (ahem 🙂 ) mais on a vu plus pratique quand même…Imprégner son jeu de ses énergies, ça peut aussi se faire rien qu’en l’utilisant, non ? Tellement simple et logique que ça ne mérite même pas d’être pensé, il faut croire.

* « On ne doit laisser personne toucher son jeu » : Bah, sinon quoi ? La machine ne fonctionnera plus ? Un jeu est un support de travail, un canal, au même titre que tout outil sacré :  Utile mais pas indispensable. Ne confondons pas le moyen avec la source. Les cartes n’ont pas de pouvoir en elles-mêmes, elles n’ont que celui qu’on veut bien leur donner. La source étant en moi, mes capacités ne vont pas disparaître parce-qu’un petit curieux aura posé ses mains sur mon outil. Par contre, un jeu de tarot peut-être considéré comme une extension de soi et il est naturel de ne pas avoir envie qu’un tiers touche à cette part intime sans qu’on l’ait invité à le faire au préalable. J’avoue moi-même ne pas apprécier cela en général, alors que cela ne me pose aucun problème avec ma moitié. C’est davantage une question de respect et de pudeur en lien avec une préférence personnelle qu’un acte portant à conséquence.

* « Une femme ne doit pas tirer les cartes lorsqu’elle a ses règles » : WTF ? J’ai peine à croire qu’une femme a pu écrire ceci et pourtant…Je ne vois dans ce principe que superstition misogyne révélant une peur profonde du pouvoir féminin. Cette période étant propice à l’introspection, elle mériterait d’être davantage valorisée et employée en vertu d’un travail de réflexion sur soi et de connexion avec son intériorité profonde. Et devinez quoi ? Le tarot est très bien pour cela.

* « Le meilleur moment pour lire les cartes, c’est lors de la pleine lune » : Le meilleur moment, c’est quand les circonstances l’exigent, quand on en a envie et qu’on a du temps devant soi pour le faire. Pour rappel, mon temps ici-bas est compté, le gros des événements de ma vie n’a pas forcément lieu lorsque la lune est pleine, sans compter que la procrastination a le don de m’angoisser. Je n’y peux rien, je suis une adepte de « ce qui est fait n’est plus à faire » et j’ai le réflexe « google (ou wiki) est ton ami » dès que j’ai un doute sur quelque chose. Donc, quand je me pose des questions, j’aime bien avoir des réponses au plus vite. Ceci afin d’éviter que ça tournicote trop longtemps dans mon ciboulot. C’est meilleur pour mon sommeil, j’ai remarqué. Par ailleurs, si je devais attendre la nouvelle pleine lune de façon systématique, je risquerais d’obtenir des réponses à des questions qui ne seraient plus d’actualité. Quel intérêt alors ? On se le demande.

* « Le Lundi, les cartes ont tendance à mentir » :  Décidément, elles sont lunatiques celles-là, ou quoi ? C’est quoi ce délire paranoïaque ? Les cartes ne mentent jamais. Y’a que les humains pour faire ça, d’abord. Cela n’exclut cependant en rien la probabilité qu’on s’y soit pris comme un manche pour les lire, d’où cette impression que ça sonne faux :  Mauvaise interprétation, les gars 😉 ! C’est pas grave, tout le monde a le droit d’être fatigué, ça arrive. Un peu de remise en question, ça ne fait jamais de mal. A bon entendeur…

* « Ce jeu ne me parle pas » :  Faux !  Tu n’arrives pas à comprendre son langage, plutôt. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Une langue, ça s’apprend et ça se pratique régulièrement si on ne souhaite pas l’oublier. Alors on se retrousse les manches et on se met au travail, petits fainéants !

« Il faut utiliser telle fioriture de telle couleur juste parce-que voilà » : Qui dit fioriture dit « on peut » et non « il faut », pour commencer. Ensuite, les goûts et les couleurs, hein, toi même tu sais. Et puis, si tu veux être un peu cohérent niveau correspondances, je te ferais juste remarquer au passage que ta pièce aux murs gris, c’est quelque peu nuageux et confus pour une lecture que tu souhaiterais la plus claire possible. Je sais pas moi, quand on me dit « divination », je pense immédiatement au violet, non ? Je suis O.K. pour sortir des sentiers battus, mais au moins, explique ton choix, quoi !

* « Il faut toujours tirer les cartes de la main gauche » : Euh ? Z’êtes au courant que certaines personnes sont réceptives de la main droite ? Et je fais comment le jour où j’ai un plâtre ? Question d’habitude préférentielle encore une fois. Mais il faut savoir s’adapter pour survivre, il me semble ? Bien que je le fasse moi-même, je suis préparée à l’idée d’un éventuel changement. Ca m’embêterait de voir ma carrière de tarologue (laisse moi rêver, stp) se briser en même temps que mon poignet fétiche. Non, vraiment, ça serait moche. Et puis bon, même sans en arriver jusque-là, avec mon arthrite, je suis bien forcée d’être ambidextre.

« Il faut couper le jeu » :  Sauf que j’ai pas envie. Tu t’y attendais pas à celle-là, hein ? De toute façon, il m’a rien fait, ce pauvre jeu. Faut être sadique sur les bords pour prôner un truc pareil, j’vous l’dis !

* « Il faut conserver son jeu dans un linge noir » : Zut, j’en ai pas sous le coude. Je suppose que la boîte d’origine, un coffret en bois ou tout autre sachet fera très bien l’affaire. A moins que l’on craigne que son jeu puisse prendre froid, ça devrait pouvoir convenir. J’imagine, si j’appliquais cette recommandation pour toute ma collection, le bordel pour retrouver un jeu précis parmi une centaine vêtus à la gotosh style. La guerre des clones serait imminente.

* « Avant de mélanger un jeu à nouveau, il faut le réordonner » : Je vous explique pas la perte de temps, là. Rien d’autre à ajouter.

C’était un petit florilège, encore une fois (hélas!), non exhaustif. Si tu en as de bonnes, toi aussi, Cher Lecteur, fais pas ton pingre et partage. Parce-qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer…

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