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Depuis quelques années, je peine à me défaire d’une vieille habitude très nocive pour ma santé. Je suis dépendante du tabac. Quand j’ai peur et que je désire fuir ce que je ressens vis à vis d’une situation qui me semble ingérable émotionnellement, je fume, bien que je n’en retire aucune satisfaction personnelle. C’est mauvais pour tout le monde, de fumer, on me dira… Mais pour moi, cela l’est particulièrement, du fait de mon héritage génétique. Mon corps en subit chroniquement les conséquences. Arrêter n’est pas le plus difficile quand on est dépendant, non. Le plus dur, c’est de ne pas reprendre ! Là où je souhaite en venir, c’est que l’idée de lancer un sortilège dans ce but m’a traversé l’esprit. Ce serait l’occasion de me lancer enfin dans l’exploration pratique de la magie des arcanes. Puisque je n’ai pas encore énormément lu sur le sujet et que, de toute façon, je préfère de loin faire les choses comme cela m’enchante, je compile(rai)  dans le journal de bord les bases de ma propre approche de l’utilisation des lames de tarot en magie, au fur et à mesure de mes expériences. Je partage donc ici-même une première esquisse de ma technique, susceptible d’évoluer et de faire naître des variantes.

Le principe :  

Disposer plusieurs lames choisies en fonction d’un mot clé ou d’un concept, dans un ordre précis afin que la lecture de l’ensemble permette d’exprimer l’objectif à atteindre. Il s’agit de faire parler les cartes, l’étalement se faisant phrase affirmative, comme un mantra visuel.

Pour que ce but soit bien défini et son expression le plus clair possible, on comprendra l’importance de la sélection et du placement des cartes. Lorsque l’on souhaite voir son voeu exaucé, encore faut-il s’assurer de l’avoir correctement formulé.

Ma méthode :  

Pour commencer, il faut déjà savoir ce que l’on veut…Ou pas…Ou plus. Ensuite, il faut s’efforcer de résumer ce but en une phrase très courte, avec un sujet, un verbe et un complément. Ainsi, seulement trois cartes, maximum, seront utilisées. Davantage pourrait semer la confusion dans le propos. Elles seront placées dans l’espace selon les sens de lecture et d’écriture culturels de l’opérant. Ma phrase pourrait être, au vu de ce que j’ai évoqué plus haut, « Je domine ma dépendance », par exemple. Etant française, je lis et écris de gauche à droite et de haut en bas. Ma phrase se construit selon les positions suivantes : 1 pour le sujet, 2 pour le verbe, 3 pour le complément.

La première carte représente le sujet concerné par l’action et est facultative, du moins pas indispensable à mon sens, si l’on agit pour soi-même. Par contre, dans le cas où l’on lance un sort pour un tiers, choisir une carte le représentant est impératif, histoire de ne pas manquer ou se tromper de cible ! Elle peut se choisir parmi les lames de La Cour si l’on se focalise sur les traits physiques ou de caractère de la personne, mais aussi parmi les arcanes majeurs selon qu’on se concentre davantage sur son signe astrologique, l’archétype auquel elle laisse songer, son état émotionnel actuel… Si en regardant la carte, l’on est automatiquement renvoyé en pensée à cette personne, de façon symbolique, bon choix a été fait. Elle est à placer en sens droit. Dans ma situation, je choisirais probablement l’Etoile qui est reliée à mon signe astrologique et reste un symbole très fort pour moi. Je pourrais aussi me passer de cette étape, l’action n’engageant que moi-même.

La deuxième carte représente l’action, c’est à dire le verbe de votre phrase. Elle est à placer en sens droit ou inversé selon que le verbe est employé dans une tournure affirmative ou négative (ne pas, ne plus). Pour suivre mon exemple, j’utiliserais sans doute La Force en sens droit. En effet, il se dégage l’idée de maîtrise et de force tranquille au travers de son illustration et de sa signification (entre autres).

La troisième carte évoque le reste de votre phrase, tel un complément (COD OU COI). Elle est à placer en sens droit. Si l’on ne trouve parmi les lames qu’une carte qui est l’exact contraire du but recherché, on l’emploiera en sens inversé. Ici, je souhaite dominer ma dépendance, mon choix se portera instinctivement vers le Diable en sens droit qui dépeint à merveille ces chaînes qu’on veut bien porter et nos abus.

Après avoir choisi les mots (cartes) et construit la phrase qui résume l’objectif à atteindre (placé correctement les cartes), il faut lui insuffler vie en la prononçant à haute voix : C’est une forme de programmation, magique, certes, mais aussi et avant tout mentale ! Si construire le mantra visuel permet de visualiser son but, sa lecture orale répétitive permet de concentrer son énergie et sa volonté dans son obtention effective, par effet d’auto-conditionnement.

La dernière étape consistera à placer ce mantra visuel là où il pourra être vu et revu le plus souvent, inconsciemment en passant devant (ce qui permet le lâcher prise) et consciemment suite à une intention (qui engendre un effet piqûre de rappel, pour rester dans l’action et l’agir en accord avec le but recherché ainsi réaffirmé). Les cartes pourront être posées sur un autel, une étagère, encadrées comme pour former un tableau qu’on accrochera au mur…

Cette méthode magique m’est venue en tête ce matin, au réveil. Ceci est la base de son fonctionnement, sans fioritures. Il est possible, bien sûr, d’utiliser en complément des bougies, des encens à base de plantes, des pierres, d’opérer à une phase lunaire précise, de purifier, sceller, déprogrammer à sa guise… Tout cela en cohérence avec l’objectif fixé et selon les correspondances magiques traditionnelles et/ou personnelles de chacun. Je n’ai pas encore eu le temps de l’essayer mais cela ne saurait tarder !

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