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Quand on parle du tarot, la première chose qui vient généralement à l’esprit, c’est son aspect divinatoire. On tire les cartes dans l’espoir de voir son avenir révélé. Si je reconnais cet aspect et l’utilise volontiers moi-même, résumer le tarot à un outil de prédiction serait une grave erreur.

Ce serait en sous-estimer la richesse et les possibilités qu’il offre, et se limiter soi-même dans son libre arbitre. Pire encore, cette approche passive tendrait à nier le pouvoir personnel de quiconque s’en remet à lui et le pousserait à fuir toute responsabilité par rapport à ses décisions et ses actes. Si je crois au destin, je ne crois pas en la fatalité. Quand bien même tout serait écrit d’avance et les options restreintes, le choix final reste et n’appartient qu’à soi. Il y a toujours une alternative, ne serait-ce que dans la façon de percevoir les évènements annoncés et dans la manière d’y réagir.

Par ailleurs, la façon d’interpréter le message des lames n’est absolument pas objective : Elle est soumise à un point de vue donné à un instant T, de la part de celui qui interroge les cartes comme de celui qui les lit. Elle est soumise à des circonstances susceptibles d’évoluer, car la roue tourne et le changement constitue l’unique constance en ce monde. Elle est soumise aux projections des peurs, des espoirs, des désirs, des croyances, des tabous, des valeurs de la personne qui les manipule. On y voit d’abord ce que l’on veut y voir ou bien parfois, on refuse de voir tout court.

C’est pour cela que les lames constituent à mes yeux un miroir plus ou moins embué de ce qui fut, est et peut-être, mais en aucun cas de ce qui sera avec certitude. Parce-que le tarot dévoile, il permet de voir plus clairement et en profondeur, à défaut autrement. Encore faut-il poser les bonnes questions… C’est le cas lorsque après une lecture confuse, on réalise, avec le temps, que les choses étaient différentes de ce que l’on s’était imaginé alors. C’est à ce moment là qu’il devient possible, avec le recul, de remettre les choses en place, d’en tirer quelque leçon et de se souvenir. C’est avec l’expérience, la pratique et surtout les erreurs que l’on apprend. Des lames et de soi-même.

Les murmures des arcanes sont bien davantage que des affirmations toutes faites et inébranlables. Il y a là autant de conseils avisés à prendre en considération. Parce-qu’elles n’indiquent pas seulement un personnage susceptible d’être croisé, un lieu dans lequel on pourrait se retrouver, une échéance à venir ou encore un évènement susceptible de se produire, non. Souvent, elles sont aussi l’illustration d’une attitude à adopter ou à abandonner.

Le tarot offre également des thèmes importants qui méritent d’être réfléchis et travaillés. En cela, il revêt une autre fonction qui vise le développement personnel. Que l’on se serve d’un tirage étudié ou non dans ce but, on sort du champ divinatoire pour entrer dans celui de l’exploration intérieure et les méthodes ne manquent pas pour s’y adonner.

Un tirage est comme le croquis d’un paysage à un moment précis. Une esquisse dont on peut revoir les contours si la réponse à la question posée ne convient pas. Les cartes offrent des éléments qu’il est possible d’assembler et d’exploiter à sa guise. Ici on foule deux nouveaux sentiers, celui de la magie et du soin holistique.

Pour finir, je voudrais dire ceci : Les lames ne mentent jamais et si elles ne vous parlent pas, c’est probablement que vous ne voulez pas entendre.

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